Le nouveau gouvernement français se réunit à l'hôtel Matignon à Paris
L'excédent de recettes perçu par le gouvernement français grâce à la hausse du prix des carburants ces dernières semaines s'établit à environ 270 millions d'euros, selon les premières estimations de Bercy dévoilées vendredi par le ministre des Comptes publics, David Amiel.
Interrogé sur franceinfo, ce dernier a de nouveau démenti l'existence d'une "cagnotte" en assurant que ce surplus était effacé par la hausse des coûts d'emprunt pour l'Etat.
Les prix de l'essence, sur lesquels s'appliquent une TVA à 20% et un droit d'accise sur les volumes consommés, ont grimpé en flèche depuis le déclenchement des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février dernier et la réplique de Téhéran dans tout le Moyen-Orient.
Selon Bercy, le supplément de TVA s'est élevé en mars à 120 millions par rapport à mars 2025, auxquels s'ajoutent 150 millions d'euros de droit d'accise en raison d'une hausse de la consommation en début de mois, a précisé David Amiel.
Dans le même temps, a ajouté le ministre des Comptes publics, les coûts d'emprunt ont fortement augmenté pour l'Etat avec la hausse des rendements obligataires due au conflit, soit une facture mensuelle de 300 millions d'euros.
Si l'on ajoute les aides d'urgence débloquées par l'Etat depuis le début du conflit pour certains secteurs comme le transport ou la pêche, ainsi que les chèques énergie pour les foyers modestes, la facture grimpe à environ 430 millions d'euros sur un mois.
Face à la flambée des prix à la pompe, le ministre de l'Economie, Roland Lescure, a annoncé dans la soirée avoir contacté la Commission européenne pour lui demander d'enquêter sur les raffineries européennes.
"J'ai envoyé une lettre aujourd'hui, pour lui demander de faire une enquête dans les raffineries européennes pour s'assurer qu'il n'y avait pas d'abus", a-t-il déclaré sur le plateau de C à vous.
"Ce qui m'importe aujourd'hui c'est qu'on gère cette crise de manière aussi méthodique que possible de manière à ce qu'on s'assure qu'en France, mieux qu'ailleurs, et c'est le cas jusqu'à présent, on n'ait pas de problèmes d'approvisionnement et qu'il n'y ait pas d'abus", a-t-il ajouté.
Le gouvernement défend depuis le début de la guerre une politique d'aides sectorielles ciblées et refuse toute mesure globale pour limiter la hausse des prix de l'essence comme le préconisent notamment La France insoumise et le Rassemblement national.
(Leigh Thomas, Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Sophie Louet)

1 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer